Journalisme, peut-on tout dire?

novembre 22, 2007

Mail, aujourd’hui, du club de la presse de Strasbourg:

A l’occasion du déjeuner-débat du vendredi 30 novembre prochain “Journalisme peut-on tout dire ? ” avec Bernard Guetta et Jean Lacouture le Club de la presse propose aux journalistes de répondre à quelques questions.
Ces contributions seront diffusées sur le site du Club dans un dossier spécial (et distribuées aux participants avant le débat).
- En matière d’information pouvez-vous tout dire ?
- Existe-t-il des sujets tabous ? Si oui, lesquels ?
- Quelle place accordez-vous à vos convictions personnelles dans votre devoir d’informer ?
- Entre liberté d’expression et information, que pensez-vous du phénomène du “journalisme citoyen” ?”

Ci-après mes réponses. N’hésitez pas à commenter.

En matière d’information pouvez-vous tout dire ?

Généraliser la réponse est relativement impossible. Mais d’expérience, dès lors qu’une rédaction est dirigée par un journaliste et non – directement ou indirectement – par un service commercial, oui, il est possible de tout dire – dans la limite de la vie privée et de la dignité humaine -, d’apporter une analyse comparée, critique d’un sujet. Le souci, actuellement, est que les rédactions sont de moins en moins dirigées par des journalistes. Certains confrères ont d’ailleurs eux-mêmes intégré la notion de rentabilité : un sujet doit être «vendeur», répondre à une demande supposée par les services marketing, etc…

Autre dogme connexe du moment (en fait, depuis quelques années déjà), «les gens n’ont plus le temps de rien», nous dit-on : il «faut» donc faire toujours «plus court», quitte à simplifier à outrance, à ne plus rien expliquer. La presse écrite vit ce que la télévision a vécu avec l’apparition des jeux télévisés de masse en prime time. Et ceci n’est pas sans incidences sur l’évolution de ce métier : à force de tirer l’information vers le bas (parce que c’est bien de cela qu’il s’agit), de ne plus laisser de place – ou si peu - à l’enquête de terrain (qui demande du temps et de l’argent si on la veut sérieuse), à l’analyse, à la chronique, la profession devient actrice de sa propre petite mort. En public, peu de journalistes l’avoueront, mais en «off»…

Tout le drame de cette situation est que pour pouvoir commencer à renverser les choses encore faut-il accepter de voir les choses en face et de les dire… Les changements de maquette que certains titres de presse accumulent depuis quelques années ne sont que folklore. Ils ne résolvent rien. Un lecteur n’achète pas un emballage mais un contenu. L’emballage peut-être plus joli, plus séduisant mais si le contenu n’est pas davantage à la hauteur, quel intérêt… ?

En résumé, peut-être serait-il temps que la profession cesse de marcher sur la tête : un journal attire des annonceurs parce qu’il a des lecteurs, eux-mêmes acheteurs d’un contenu ; si le contenu perd de sa valeur, les lecteurs partiront, suivis par les annonceurs. Or, dans le cadre d’un payant deux données doivent être prises en compte : l’existence des gratuits et l’existence de plateformes comme Google, ou Yahoo, qui reprennent en direct les dépêches d’agences. Le journalisme, pour continuer à exister en tant que tel, doit trouver un ton, un format, une pertinence que n’ont pas ces autres supports. Alors oui, parler de tout est possible et continuera à l’être si les journaux restent, pour certains, et redeviennent, pour d’autres, des journaux de journalistes. Les responsables marketing devraient aussi s’en préoccuper, parce que sans lectorat, un journal n’a pas non plus besoin de commerciaux…

Existe-t-il  des sujets tabous ? Si oui, lesquels ?

Dans l’absolu, non, à l’exception, peut-être, de ce qui touche à la vie privée et à la dignité. Mais la frontière est poreuse. Prenons simplement l’exemple de Cécilia Sarkozy : sa récente séparation d’avec son époux est une information en ce sens où, en divorçant, elle se refuse à entrer dans les habits de première Dame de France. Sa vie actuelle (et notamment sentimentale), par contre, ne regarde a priori personne d’autre qu’elle, à l’exception, peut-être, de ce qui pourrait relever de sujets relatifs à de quelconques dépenses publiques (protection policière eu égard à son statut, etc…). En résumé, il n’y pas de réponse toute faite à cette question.

Quelle place accordez-vous à vos convictions personnelles dans votre devoir d’informer ?

Faisons court : l’objectivité journalistique n’existe pas. Le choix d’un sujet, d’un angle, d’un interlocuteur est par définition subjectif. Dire l’inverse relèverait de l’imposture. La définition que donne un John Paul Lepers de sa fonction me paraît en ce sens pertinente : «subjectif mais honnête». Subjectif pour les raisons à l’instant évoquées. Honnête, parce qu’une histoire repose sur des faits qui doivent être vérifiés, placés à leur juste place dans le récit. Que la parole des principaux acteurs d’un dossier doit également être entendue et retranscrite.

Après, la question des convictions personnelles relève d’un débat éditorial de type «journalisme purement factuel versus ‘story telling’», mode narratif intégrant généralement le regard de l’auteur. Pour prendre une anecdote, mon premier rédacteur en chef – un Suédois (donc de culture journalistique différente) - m’avait demandé un jour d’écrire un article sur une rencontre impliquant Chirac et Schröder. Son idée : «Tu les mets en scène, tu les fais parler via leurs propos déjà repris par les dépêches d’agences». L’objet de mon refus : la sensation qu’en faisant cela je franchissais une frontière que je ne voulais pas franchir : mon rôle n’était pas de créer une information, de faire semblant d’avoir été sur place, témoin de la scène. Cette ligne – rouge – je ne la franchirais pas davantage aujourd’hui. Par contre, dans l’esprit, cette anecdote m’a fait, avec le recul, prendre conscience d’une chose (que ce rédacteur en chef avait peut-être alors voulu très maladroitement m’expliquer) : le rôle d’un journaliste, tel que je le conçois du moins, est de raconter une histoire, reposant sur des faits vérifiés. Il est les yeux, les oreilles – parfois même la voix - privilégiés du lecteur. Il est «story teller» parce qu’informer est bien plus que «remplir des blancs entre les annonces publicitaires». Un journaliste est responsable envers les témoins d’une scène qu’il rencontre mais aussi envers ses lecteurs. Il doit vérifier les contours de l’histoire, confronter les informations mais aussi «poser le décor», faire part de gestuelles, de regards qui peuvent avoir une influence sur le récit et la compréhension de l’affaire sur laquelle il travaille. Il doit «faire entrer» le lecteur dans le récit.

Cette manière de voir, sinon de comprendre le journalisme est peut-être bien plus anglo-saxonne que francophone mais elle est à mon sens la seule voie de sortie possible de cette profession dans cette lourde période de transition de la profession. Persévérer dans le factuel n’a pas de sens à l’heure où toutes les dépêches d’agences sont déjà sur Internet. Par contre, remettre l’humain au cœur du récit, qui mieux qu’un journaliste – ou un blogueur – j’y reviendrai - pour le faire… ?

Entre liberté d’expression et information, que pensez-vous du phénomène du «journalisme citoyen»?

J’en pense qu’il s’agit là d’un faux débat. Si le passage par une école de journalisme ou la détention de la carte de presse faisaient la qualité d’un journaliste cela se saurait. Le phénomène de «journalisme citoyen» est inévitable et salutaire. Inévitable parce qu’il est en grande partie une réaction saine à la crise éditoriale que traverse la profession. Salutaire parce qu’elle pousse cette même profession – du moins celle qui accepte d’ouvrir les yeux sur sa réalité – à se remettre en question.

Le journalisme citoyen permettra sans doute à terme – un terme court, d’ailleurs – aux journalistes de réinvestir le terrain. Le petit virage technologique qu’a récemment pris Reuters est intéressant de ce point vue : une partie de la rédaction – les «mojo», ou mobile journalists – vient d’être équipée d’un équipement comprenant un téléphone portable intégrant un appareil photo de 5 Megapixels, d’un micro professionnel, d’un pied photographique retractable, d’un clavier d’ordinateur pliable, et d’un chargeur de téléphone mobile à énergie solaire. Il ne s’agit à ce jour que d’une expérience mais nul doute que celle-ci se transformera en norme très prochainement, chose qu’il aurait sans doute été impensable de voir émerger – aussi rapidement – en l’absence de «concurrence» potentielle des blogs. A noter ici, les critères a priori retenus pour cette expérience : mobilité, réactivité, connectivité. Trois termes tout droit issus du «blogging» et du journalisme citoyen.

Ce qu’apporte également le journalisme citoyen est un nouveau ton éditorial, où le «je» remplace souvent le «nous. Ce «je» assumé a deux incidences majeures : il participe au recentrage du journalisme factuel vers un journalisme de narration («story telling») bien plus adapté aux réalités du moment ; il permet – chose nouvelle(ment assumée) et essentielle - un dialogue régulier entre le journaliste et le lecteur, ce qui participe au rapport de confiance entre une rédaction et ses lecteurs. Il est d’ailleurs intéressant, là encore, outre les traditionnels champs de commentaires ouverts en bas des articles des grands médias écrits mais aussi audiovisuels (France24, par exemple), de commencer à voir certaines publications papier publier l’adresse mail du journaliste à côté de sa signature.

Là où l’on se trompe – par stupide réflexe corporatiste ou réelle incompréhension des mutations en cours – est que le journalisme citoyen n’est pas un signe de déperdition du journalisme mais une responsabilisation de celui-ci. Vis-à-vis de ses missions professionnelles et de son lien affectif avec un lectorat. Après, bien sûr, un certain degré d’amateurisme peut apparaître chez des journalistes citoyens, mais guère plus que dans un média traditionnel. Qui plus est, l’interaction assumée avec les lecteurs corrige d’elle-même d’éventuelles lacunes, voire un «détournement diffamant» de la liberté d’expression : les lecteurs peuvent corriger (et ne s’en privent d’ailleurs pas), par leurs propres connaissances d’un sujet, et sur la base de faits vérifiables, un article «citoyen» - même parfois en cours, via Twitter (micro-blogging). L’information, anciennement «lourde» (parce que nécessitant de lourds moyens logistiques), froide et verticale, est devenue mobile, narrative et horizontale. L’évolution n’est pas mince, et en grande partie due à l’émergence des blogs et du «journalisme citoyen».


Leaving Sego alone

septembre 18, 2007

Ségolène Royal reléguée au rang de Britney bis. Mauvais plagiat de parodie pour désespérante tragi-comédie socialiste. P… qu’est-ce qu’on a fait pour avoir le parti socialiste le plus ridicule d’Europe…?


Noël avant l’heure

septembre 18, 2007

marie claire

En résumé. Vite. Parce qu’en plein bouclage. Parce que manque de temps certain. Week-end plaisant du côté de Fontainebleau. De l’un de ceux où l’on ne parle pas boulot. Où l’on rencontre foule de gens sans chercher forcément à savoir ce qu’ils font dans leur vie de tous les jours. Une maison, en pleine forêt, un agneau à la broche, du vin de pays et quelques guitares. Ni plus ni moins. Reposant. Agréable. Vraiment.

Lundi. Rythme plus forcé. Forcené, presque. Rendez-vous en cascade. A l’ambassade du Canada, d’abord. L’idée, se rapprocher d’eux pour couvrir certains sujets. Parmi les derniers voyages de presse organisés par mon interlocuteur : le système pénitencier canadien ou l’éducation nationale. De ce qui est mis en place au Canada, de nombreuses idées/leçons pourraient être tirées en Europe. Voilà ce qui m’intéresse : comprendre ce qui se fait, voire fonctionne ailleurs, et chercher ce qui pourrait en être retiré ici. Là est aussi (à mon sens) le rôle du journaliste : ouvrir les yeux sur ce qui se fait ailleurs. S’en faire l’écho et essayer d’en déduire quelques (bonnes) questions.

Reste que le gouvernement fédéral actuellement en place est visiblement avar de crédits. Mais l’idée d’envoyer journalistes et blogueurs écrivant pour des médias électroniques paraît intéresser mon vis-à-vis, particulièrement impressionné, d’ailleurs, par le lancement de Rue89. Une rencontre avec Pierre Haski est d’ailleurs programmée à son agenda. A suivre.

15h, autre rendez-vous. Cette fois avec Quitterie. Sa réponse : oui, je rejoins l’équipe. Merci. Vraiment. Je ne sais pas si elle l’a réalisé mais sa réponse sonne sincèrement comme un cadeau de Noël avant l’heure. Mais chut, ne lui dites pas. Elle, dit avoir peur de ne pas être à la hauteur. Je souris. Ne me demandez pas pourquoi mais j’en suis convaincu : non seulement elle le sera mais elle risque d’en étonner plus d’un(e). Certaines choses ne s’expliquent pas. Cette conviction en fait partie.

Vient ensuite Irène Delse, nouvelle venue au sein de la maison E&U. Une rencontre afin de faire plus ample connaissance. Autre cadeau de Noël avant l’heure. Là aussi, de belles choses sont à attendre de cette collaboration. Irène ne manque pas d’idées. A aussi ce regard amusé (à défaut, sans doute, d’être désespéré) sur la maison France. Son regard et son style littéraire seront un bel apport à l’édifice.

Un autre rendez-vous, enfin, annulé pour cause d’emploi du temps trop chargé. L’homme, l’un des piliers d’E&U vient d’être chargé de l’organisation du prochain Forum de Paris. Syndrôme de la réunionnite aiguë. Mais sans doute y aura-t-il aussi ici de belles choses à faire.

Le soir, dîner avec un ami photographe, lui aussi bientôt exposé sur E&U. Ironie du sort, c’est à Paris que l’on se retrouve cette fois alors que nous vivons tous deux à Strasbourg.

En résumé, donc, belles et pleines journées parisiennes. De nombreux cadeaux et une petite pression, aussi : celle de ne décevoir aucune de ces nouvelles petites fourmis. Pour que le petit conte de fée éditorial se poursuive longtemps encore et que chacun continue à y prendre du plaisir, règle première d’E&U.

En photo: Marie-Claire, soirée de samedi, chez François.


L’Aube le soir ou la nuit

août 28, 2007

l’Aube le soir ou la nuit

2h05 du mat. P…, pourquoi m’est-il bien plus facile de travailler de nuit que de jour ? Conséquence directe ? Un véritable enfer passé 11h pour qui souhaite garder un minimum de vie sociale. Demain ne dérogera pas à la règle. 11h, justement, entretien avec un président de Chambre de commerce. 14h30 : nouvelle entrevue avec Francky Reinhardt, figure emblématique du jazz manouche, sur lequel je prépare un papier. 16h… J’avoue ne plus trop savoir : découverte d’une borne wifi «révolutionnaire» produite dans la région. Me reste encore quelques heures pour revoir mes notes (pourraît ne pas être inutile au vu de mes connaissances actuelles).

D’ici là, cuisson nocturne d’une tarte aux mirabelles (cuisiner est devenu un effet secondaire de toute bonne insomnie), finalisation d’une réponse à un appel d’offres (bon sang que je hais ces démarches administratives…), (re)mise en forme d’un article «froid» pour le magazine «B», et remise en forme d’un travail d’écriture pour un client privé. Déjà fait : mettre à jour le deezer de la communauté, tourner la dernière page de l’Aube le soir ou la nuit de Yasmina Reza. Un livre ouvert avec méfiance. Un livre refermé avec une envie de suite. Sans doute le meilleur «livre politique» passé entre mes mains depuis un petit moment.

En fait, à bien y réfléchir, aucun ouvrage de journaliste n’avait su me séduire à ce point. Sans doute parce que plus que sur les stratégies politiques, Yasmina Reza a posé son regard sur l’homme, sur sa façon d’aborder la campagne, d’(inter)agir avec son entourage. Bien sûr, des manques (gênants) subsistent : rien sur la «racaille», rien non plus sur le discours de Nice empreint d’une rare germanophobie et de ce qui ne serait pas loin d’être assimilable à du révisionnisme colonial… Tout au plus l’écrivaine trahit-elle quelques dérapages de campagne, au sens propre comme au sens figuré – les Bretons, notamment, ne manqueront pas d’apprécier. Un petit manquement qui, au final, participe sans doute de l’humanisation du personnage. Les ombres discursives laissées derrière le rideau littéraire, Sarkozy prend ici la dimension d’un héro romanesque, troublant, voire séduisant… Lors de leur première rencontre, celui qui deviendrait un an après chef de l’Etat se disait «honoré» de l’intérêt que lui portait alors l’écrivaine. Il peut également l’être du portrait qu’elle a depuis dépeint de lui, reflet à peine dissimulé d’une fascination mutuelle mais qui en apprend bien plus sur l’homme que tout autre ouvrage politique. Ne serait-ce que pour cela, l’Aube le soir ou la nuit ne peut que séduire au-delà des clivages politiques.


Michael Braun pose ses valises au Voxs

août 27, 2007

michael braun

Juin dernier: première rencontre kehloise avec Michael Braun. Lieu : la Villa Schmidt, nouvel endroit «hype» de part et d’autre du Rhin. Le contexte : un dîner entre candidats aux législatives, suivi d’un bœuf musical entre l’un d’eux – Francis Lalanne - et Franky Reinhardt, égérie locale du jazz manouche. Peut-être en raison de la renommée des convives, plus sûrement par passion, le jeune chef de 34 ans ouvre alors ses cuisines. Fait visiter l’envers du décor. Intarissable, il décrit, sur deux étages de coulisses, une par une les étapes de la confection du menu à suivre. A n’en pas douter, Michael Braun prend un sincère plaisir à parler de son art, sinon de son petit royaume qui a su, mois après mois, séduire les plus fins palais allemands et, plus inhabituel, strasbourgeois.

Rien n’indiquait alors qu’à peine deux mois plus tard l’homme et quelques autres employés auraient vidé les lieux pour faire les premiers beaux jours gastronomiques du Voxshotel, premier hôtel design de la région. Un lieu auquel son propriétaire et fondateur Jürgen Grossmann cherchait à apporter un soupçon d’âme supplémentaire, caractérisé par l’ouverture d’un restaurant à sa hauteur : raffiné, surprenant et enthousiasmant.

D’abord enclin à chercher un partenaire côté français, c’est finalement du côté de Michael Braun que l’architecte s’est tourné, proposant au jeune chef la direction de l’établissement et 49% des parts. Un virage dans la carrière de celui qui fut entre autres sous-chef et chef saucier chez Dieter Müller, au Schlosshotel de Lerbach, puis chef au Maralago Club de Donald Trump, à Miami beach, et qui dit savourer le fait de «ne plus être cantonné dans sa cuisine». «Ici, j’ai une vue d’ensemble. Je peux apporter de la cohérence, du restaurant au bar, du bar aux chambres». Braun semble pouvoir assouvir un instinct créatif et une exigence qualitative que ne lui permettait visiblement plus la Villa Schmidt. Son ambition ? Lancer sous trois ans de nouveaux VoxsHotel - un serait déjà à l’étude du côté d’Offenbourg -, d’en former directement le personnel – soit en créant une école ad hoc, soit en imposant du sur-mesure à des établissements hôteliers.

Nulle erreur ne sera permise : Braun ne veut que le meilleur. Question de philosophie. «Quand les gens viennent ici, je veux qu’ils soient pleinement heureux. Mon job consiste à leur offrir cela : tendre vers la perfection.» Côté carte, le jeune chef n’en est d’ailleurs pas loin, comme avec ce remarquable foie gras poêlé ou, pour la partie sucrée, la crème brûlée et sa glace à la menthe. Reste maintenant à tenir sur la durée, à continuer à surprendre avec force et raffinement. Une chose dont Michael Braun semble être pleinement capable, lui, l’auteur de cet époustouflant velouté de carottes au gingembre qui n’a – pour l’anecdote -pas manqué de séduire un restaurateur strasbourgeois venu tester la carte quelques jours après l’ouverture et qui, pour tout commentaire - concédait en fin de dîner un «De ce que j’ai vu ce soir, tant au niveau de la qualité que du prix, il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’il faudra bientôt réserver plusieurs jours à l’avance pour avoir une table au Voxs»! Difficile d’imaginer plus beau compliment.


Coffee and cigarettes

août 22, 2007


Jacquet aurait aimé

août 18, 2007

Il y a quelques heures de cela. Club de football de Sand. Petit village proche de Kehl - Allemagne. Equipe féminine. Premières prises de vues dans la perspective d’un article à paraître en septembre. Retour sur place peut-être demain, pour le match des filles contre Oberkirch. Sinon, lundi, pour le prochain entraînement.


Stu Bykofsky | To save America, we need another 9/11 - Les familles de victimes apprécieront…

août 16, 2007

Cette chronique du Philadelphia Daily News, publiée le 9 août, me hante. L’attitude du journaliste de la Fox également, si prompt à confirmer que “oui”, une nouvelle attaque est inévitable. Pourquoi si peu d’écho (en fait, un silence assourdissant…) en France…?

(A noter: Le titre est du secrétaire de rédaction, sinon de la rédaction en chef, comme l’indique Bykofsky dans la video ci-dessus)

Stu Bykofsky | To save America, we need another 9/11

ONE MONTH from The Anniversary, I’m thinking another 9/11 would help America.

What kind of a sick bastard would write such a thing?

A bastard so sick of how splintered we are politically - thanks mainly to our ineptitude in Iraq - that we have forgotten who the enemy is.

It is not Bush and it is not Hillary and it is not Daily Kos or Bill O’Reilly or Giuliani or Barack. It is global terrorists who use Islam to justify their hideous sins, including blowing up women and children.

Iraq has fractured the U.S. into jigsaw pieces of competing interests that encourage our enemies. We are deeply divided and division is weakness.

Most Americans today believe Iraq was a mistake. Why?

Not because Americans are “anti-war.”

Americans have turned their backs because the war has dragged on too long and we don’t have the patience for a long slog. We’ve been in Iraq for four years, but to some it seems like a century. In contrast, Britain just pulled its soldiers out of Northern Ireland where they had been, often being shot at, almost 40 years.

That’s not the American way.

In Iraq, we don’t believe our military is being beaten on the battleground. It’s more that there is no formal “battleground.” There is the drip of daily casualties and victory is not around the corner. Americans are impatient. We like fast food and fast war.

Americans loved the 1991 Gulf War. It raged for just 100 hours when George H.W. Bush ended it with a declaration of victory. He sent a half-million troops into harm’s way and we suffered fewer than 300 deaths.

America likes wars shorter than the World Series.

Bush I did everything right, Bush II did everything wrong - but he did it with the backing of Congress.

Because the war has been a botch so far, Democrats and Republicans are attacking one another, when they aren’t attacking themselves. The dialog of discord echoes across America.

Turn back to 9/11.

Remember the community of outrage and national resolve? America had not been so united since the first Day of Infamy - 12/7/41.

We knew who the enemy was then.

We knew who the enemy was shortly after 9/11.

Because we have mislaid 9/11, we have endless sideshow squabbles about whether the surge is working, if we are “safer” now, whether the FBI should listen in on foreign phone calls, whether cops should detain odd-acting “flying imams,” whether those plotting alleged attacks on Fort Dix or Kennedy airport are serious threats or amateur bumblers. We bicker over the trees while the forest is ablaze.

America’s fabric is pulling apart like a cheap sweater.

What would sew us back together?

Another 9/11 attack.

The Golden Gate Bridge. Mount Rushmore. Chicago’s Wrigley Field. The Philadelphia subway system. The U.S. is a target-rich environment for al Qaeda.

Is there any doubt they are planning to hit us again?

If it is to be, then let it be. It will take another attack on the homeland to quell the chattering of chipmunks and to restore America’s righteous rage and singular purpose to prevail.

The unity brought by such an attack sadly won’t last forever.

The first 9/11 proved that. *

E-mail stubyko@phillynews.com or call 215-854-5977. For recent columns:

http://go.philly.com/byko.


“Bruit” Sormantique

août 15, 2007

Il y a environ deux mois de cela… 16h40. Kehl. Allemagne. Ambiance Acid Jazz à la Villa Schmidt. Cosy. Lounge. Grands parasols, terrasse agréable, vue sur plage, grande demeure de caractère. 17h10, Une Pierre Deux Coups de volant plus loin, Strasbourg, France. Parking Gutenberg. Travaux de chantier. Ambiance «sarajevesque». Gravas, rocs suspendus, barres de fer, cratère à ciel ouvert. Eclairage au flash - No ball. Quartier calme. Juste une tempête pré-design pour le rendre encore – et justement - plus calme. Cent mètres, deux cent mètres. Cinq cent. Librairie Kléber. Deuxième étage… et demi. Bureaux du libraire. J’entre, impoli, téléphone collé à l’oreille. C’est bon. Lalanne est d’accord. Je suivrai sa campagne législative. Sans rapport sinon l’anecdote : quelques années en arrière, Joeystarr et Francis offraient leur intimité aux abonnés d’une célèbre chaîne cryptée française.

Le lien avec aujourd’hui ? Une femme, Joy, «fille de», pour quelque blogueur qui se poserait la question sans plus en savoir sur l’histoire familiale de la jeune femme, auteur de «Du Bruit», son second roman. Cent cinquante pages consacrées au groupe NTM. Un livre de «groupie» un brin usant par l’omniprésence de «son» Joey. Un livre de «fan assumée», corrige Sorman, écrivaine revendiquant un rapport physique et sonore au livre plus qu’une transmission de message. Un point commun avec Joeystarr et Koolshen. Du moins avec l’interprétation qu’elle donne de leur travail d’artiste. Ce qui intéresse Joy n’est pas tant le contenu que la forme. Le jeu avec les mots. La force de leur rythmique. Le «flow». Adieu message : «Le travail d’un Joeystarr perd de sa force, de son flow, quand il s’engage dans le discours civique, idéologique au lieu de rester dans la chronique urbaine où il excelle». Même chose pour Keny Arkana, pour changer de temp(s)o : «J’aime sa force mais quand sa musique prend des accents de Manu Chao ou quelques sonorités altermondialistes cela me gonfle. Dès qu’on est dans le discours on perd de la puissance». Ce qui intéresse Sorman est d’essayer de «décrire le rap avec les mots comme on fore un puit de pétrole».

Le temps passe. Sorman fait attendre son public. Plus bas. Dans la salle banche. Là où les lecteurs attendent qu’elle déverse son flow. Dix, peut-être quinze minutes à peine d’interview. Trop court. Je ne la cerne pas. N’y arrive pas. Il y a une carapace chez Sorman. Manque de temps pour la contourner. Inspiration zéro. Vide pesant, à l’image de ce que j’ai pu ressentir son livre – enfin - refermé. Beaucoup trop de pages pour nul message. Simple exercice stylistique, répétitif, souvent même ennuyeux. Le problème de Sorman est qu’elle ne rap pas. Elle slam. Sorte de version édulcorée de quelques gros bras en Benz Benz Benz. Un peu à l’image d’Une Pierre Deux Coups, venus donner un peu de rythme à ses pages. Mais sans trop les froisser sans trop les marteler. Regard Joyesque presque attendri sur des gentils qui s’essaient à jouer aux durs. L’un des membres du groupe lancera un «je fais du rap pour les bourges en manque de sensations fortes». Pour qui Sorman a-t-elle écrit «Du Bruit» ? Pourquoi tant de longueurs, étouffantes, parasitantes ? Ce que je pense de Sorman ? Rien : comment cerner une personne en aussi peu de temps ? Seule une intuition : Joy a bien plus à offrir qu’un simple «Bruit». Elle possède ce que nombre d’auteurs n’auront jamais : ce flow, cette maîtrise rythmique qui donne toute son élégance à un récit. Ne reste plus qu’à trouver «un» récit, pour que ses mots transportent enfin autant que son flow.


Lucy’s kitchen

août 15, 2007

tarte mirabelle 1tarte mirabelle 2

2h36. Impossible de trouver le sommeil. En fond, Mezzo. Séquences Jazz. En face, MacBook, Firefox et quelques recettes, glanées ici et là. Pas deux ne se ressemblent. Va pour celle-là :

Tarte aux mirabelles

Ingrédients :
Pâte feuilletée
150 g de sucre
2 oeufs
1dl de lait
100g d’amandes en poudre
400g de mirabelles
30 g de sucre glace

Recette :
Etaler la pâte et foncer un moule à tarte
Garnir le fond de mirabelles
Mélanger le sucre, les amandes, le lait et les oeufs
Verser la préparation sur les fruits
Cuire à four moyen
Avant de servir, saupoudrer de sucre glace

Seul inconvénient, sucre glace, amandes en poudre et lait sont absents des placards. Projet culinaire avorté. Reporté.

Autre solution : Confiture de mirabelles

Ingrédients :
1 kg de mirabelles
750 g de sucre cristallisé

Recette :
Lavez, égouttez et dénoyautez les mirabelles
Mettez dans une terrine une couche de mirabelles, une couche de sucre et ainsi de suite jusqu’à épuisement des mirabelles
Laissez macérer pendant 5 à 6 heures
Versez alors ce mélange dans une bassine à confiture
Amenez doucement à ébullition
Laissez bouillir à petit feu pendant 20 minutes en remuant constamment pour que les mirabelles n’attachent pas au fond de la bassine
Passez les pots à confiture à l’eau bouillante et retournez-les sur un torchon pour les égouttez, ils sécheront tout seuls
Retirez la confiture du feu, laissez-la tiédir
Mettez alors en pots à l’aide d’une louche, ne couvrez les pots que lorque la confiture est complètement refroidie

A la réflexion, la chose attendra également. Aucune envie de m’engager dans une telle aventure à cette heure-ci.

2h46. Salut amical au marchand de sable. Bouclage presse au saut du lit.

PS : au détour d’une recherche visuelle pour illustrer ce billet, découverte du Kitchen Notebook de Lucy (les photos ici reproduites sont à mettre à son crédit). A déguster sans fin.